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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 05:00
... à la découverte des îles de l'archipel des Comores (2).

Dès notre arrivée à Moroni, nous rencontrons Chauffeur, Le Guide du Karthala, le plus renommé et le plus sûr.
Autour de quelques bières et paroles rafraîchissantes et rassurantes, nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin 4H30. Par manque de temps, l'aller-retour se fera dans la journée.
Le Karthala est un jeune volcan bouclier qui culmine à 2 361 mètres. Il occupe les  deux tiers de la Grande-Comore, avec ses 30 kilomètres de long et ses 15 kilomètres de large.
Encore endormis et pas vraiment reposés, nous commençons son ascension au départ du village de Mvouni, à 390 m d'altitude. Ce qui fait, après un bref calcul et une vérification plus longue, presque 2 000 mètres de dénivelé ! Il est 4H45, et là, on rigole moins.
Dans le noir, seulement éclairés par nos frontales, nous nous enfonçons d'abord dans une forêt de basse altitude,

encore toute imprégnée de rosée.

Puis trempés, nous sommes avalés par une jungle luxuriante et dense,

la forêt primaire du Karthala.
                                                   On aperçoit chauffeur avec sa casquette blanche.

Après 3 heures de marche, nous sortons enfin de cette jungle. Nous sommes à mi-parcours. On a grimpé dur sur d'anciennes coulées de lave, et là le paysage change. Ce sont les alpages ! Une végétation de haute altitude, relativement rase, avec des zébus qui broutent.


Pendant à peu près une heure, le terrain est relativement plat. On en profite pour récupérer avant d'attaquer les deux dernières heures de montée.
Oui je sais, je traîne, on m'attend,...j'en peux plus, mais bon qui porte le gros sac? Hein ?

On a l'impression de ne jamais arriver, mais il y a des signes qui ne trompent pas sur la proximité du cratère, comme cette magnifique forêt pétrifiée par la dernière éruption en 2007. Là, c'est magique, on se croit dans un paysage de conte.

Le sommet de la caldeira approche, le terrain est sec, la végétation de fait rare, et au détour d'un virage,  ça y est ! Nous arrivons, l'ascension est finie ! Il ne nous reste qu'à descendre de la caldeira pour aller voir le  plus grand cratère du monde.

Nous marchons carrément sur la lune, on aperçoit des cendres à perte de vue. C'est magnifique. Tout est gris, vallonné, avec ça et là quelques dômes et fumerolles. Et oui, ce volcan est toujours en activité.

C'est un désert à 2 361 mètres d'altitude.

Après ces quelques pas et sauts dans les cendres, nous atteignons le bord du Choungou Chahalé, la plus grande des caldeiras avec ses 1 300 de long sur 800 mètres de large. Le cratère du Karthala, quant à lui, fait 4 km de long sur 3 de large.
Il y 10H35, notre ascension jusqu'à ce point a duré 6 heures.

Comme l'explique Chauffeur, avant, au fond du Choungou Chahalé, il y avait un lac. Mais lors de la dernière éruption en 2007, il a disparu.

Avec ses 200 mètres de profondeur ( 400 avant la dernière éruption), le gouffre reste impressionnant.
 

 Beaucoup de légendes courent sur ce cratère : un djinn aurait volé la bague du prophète et l'aurait jetée au sommet du Karthala, ouvrant ainsi le cratère ; un sultan aurait fait la même chose avec sa bague de fiançailles; d'autres pensent que c'est le trône de la reine de  Saba que des djinns  jetèrent dans le cratère...
Des croyances qui font que pour beaucoup de personnes, l'endroit n'est tout simplement pas fréquentable, moi, c'est plutôt son activité qui le rend peu sympathique.

Le volcanisme du Karthala est sensiblement comparable à celui du Piton de la Fournaise à la Réunion, à part que ce dernier est étroitement surveillé. Il rentre en éruption à peu près tous les dix à quinze ans. Il s'est manifesté en 2005, 2007, ... et des coulées de lave peuvent surgir aussi en basse altitude.

On fait une photo souvenir et on reprend des forces pour la descente. Il faut arriver avant la nuit.

La descente s'avère longue et difficile, surtout la partie dans la jungle où les moustiques se régalent. La roche est glissante, et la pente raide.
Au bout de 5 heures d'orteils crispés et de voûtes plantaires traumatisées, nous regagnons enfin le village de Mvouni. Il est 16H45.
L'ascension du Karthala n'est pas plus difficile que celle du Piton de la Fournaise, mais elles est beaucoup plus longue, il n'y a pas de route. La faire en un jour, s'est révélé être un véritable défi pour nous. On sera parti 12 heures, dont un peu plus de 10H30 de marche.
En général, l'ascension s'effectue en deux jours, avec une nuit au cratère. Ce qui est beaucoup moins fatiguant, et sans doute plus sympa.
Pas peu fiers, on a bu la bière de la victoire avec Chauffeur qui, sans aucune compassion pour nos chairs meurtries, nous a donné le coup de grâce: il remet ça demain avec d'autres touristes, et les jours suivants... Pour nous c'était un défi, pour lui, c'est son travail. Et quand le client est là, il faut y aller. Il n'a pas le choix, les touristes ne sont pas nombreux en Grande-Comore. Alors si il doit monter tous les jours pendant deux semaines, il montera tous les jours pendant deux semaines.
Du coup, on ravale nos plaintes en gardant le souvenir d'un paysage majestueux
(peut-être que Chauffeur le contemple à l'heure où je termine cet article), et d'une journée, comme dirait Séverine, magnifique.




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publié par Sev et François - dans Comores
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commentaires

Binda 12/06/2015 13:10

Bonjour
je voudrais me rendre à Moroni et faire l'ascension du Karthala , merci pour votre article
Est il possible d'avoir l'adresse mail de chauffeur?
d'avance merci
Marianne

Marcel 03/11/2009 21:21


Il y a longtemps que je ne vous avais pas fait de compliments pour la qualité de vos mini reportages. Celui-ci et celui sur Mwali sont deux nouveaux très bons exemples. Je serais heureux que nous
déjeunions ou dinions ensemble un de ces quatre. Nous parlerions des Comores, entre autres choses.
Bien à vous deux et merci encore
Marcel


Sev et François 05/11/2009 14:39


Merci pour ce compliment qui nous touche beaucoup. Pour le dîner, ce sera avec plaisir. Je vous contacte par mail.


séverine 01/11/2009 21:55


que de souvenirs, nous avons passé presque 15 jours à Grande comore en mai 2006, des ballades dans des villages avec des gens adorables mais tristes d'être à coté de la France de Mayotte, par
contre nous avions eu des soucis avec Chauffeur( mais ce n'était pas que de sa faute, le groupe était trop nombreux ... je le raconterai dans mon blog ), et c'était aussi à la veille de l'élection
de Sambi, je me rappelle avoir rencontré Maalesh ( nous ne savions pas qui il était à l'époque ) à Itsandra, il croyait à l'époque en un changement pour le meilleur ...on voit ce que ça donne hélas
!Ces gens méritent mieux que ça, tout comme les malgaches.


Sev et François 02/11/2009 07:57


C'est le problème des pays dirigés par un pseudo-président qui ne pense qu'à son profit, sa gloire, et sa puissance, et qui n'a que faire de son peuple. Contrairement en métropole, là, la
corruption s'affiche sans honte. L'avenir reste sombre pour les Comores, et très incertain aussi pour Madagascar.


louna 27/10/2009 09:51


c'est magnifique votre reportage...et ce paysage lunaire fantastique....bravo pour cette grimpette dans la journée...des vrais sportifs...il faut être jeunes pour le faire....la photo avec vous
trois fort sympa...cela fait toujours plaisir de vous voir souriants.
gros bisous louna


Sev et François 27/10/2009 13:51


On s'en souviendra de cette grimpette, niveau rando, c'est une des plus longues que nous ayons faites ! Mais nous sommes très heureux de l'avoir fait.
On vous embrasse.


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