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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 13:30
... et fin du voyage.

On quitte Mohéli, cette île encore préservée et magnifique, dont les habitants se sont montrés extrêmement accueillants, intelligents, et déterminés.
L'aéroport de Bandar Essalam nous attend,

et après avoir réglé une histoire de billets perdus, qui a bien failli prolonger nos vacances sur cette terre hospitalière,

nous décollons pour la Grande-Comore.
De Mohéli, nous garderons aussi le souvenir de Stéphanie et Mathilde, qui ont fait de notre séjour un vrai conte de fées, avec plein de rebondissements, comme notamment l'histoire des billets ! Nous les retrouverons quelques jours plus tard sur Moroni.
Nous garderons aussi cette image, photo prise par Laëtitia et Philippe, qui résume à elle seule, la vie sur Mohéli, et qui se dispense de toute autre palabre.

Mais déjà, la Grand-Comore nous apparaît,

avec ses cratères et sa capitale, Moroni, dont on reconnaît l'ancien port aux boutres.

On passera deux jours sur une plage de rêve à l'eau cristalline, celle de l'hôtel  Le Maloudja à Mitsamiouli, au nord de l'île.

Si cette plage est effectivement paradisiaque, il n'en est pas de même de l'hôtel qui tombe en décrépitude.

Mais bon, on est là pour se reposer de nos aventures et de nos marches, alors le fait de "camper" dans ces bungalows ne nous pose aucun problème. On goûte au farniente bien mérité.

Ensuite direction Itsandra chez Mathilde, pour une dernière nuit avant le départ. On en profite pour flâner au Volo-Volo, le marché de Moroni, au son des "Ni'Ye"( que l'on peut comparer aux sifflements des Italiens dont les yeux descendraient sur les fesses d'une belle fille. ), et discuter un peu avec les personnes que l'on rencontre.
Toujours aussi agréables et avenants, les Grands-Comoriens parlent sans problème. On apprend ainsi que le salaire moyen est de 75 euros par mois, que les fonctionnaires sont peu ou pas payés, et que la vie est aussi chère qu'à Mayotte.
Un chauffeur de taxi nous dit que, bientôt, il tentera la traversée vers cet Eldorado, même s'il sait qu'il peut mourir. Il n'y a pas d'avenir en Grande-Comore, et la vie de nouveaux riches (ou de "parvenus" comme les appellent les Comoriens) que mènent certains Mahorais est alléchante.
Face à cet argument de choc, il n'entend pas ce qu'on lui dit, à savoir que la situation des clandestins à Maoré n'est si pas belle qu'il le pense. Vivre exploité, caché et traqué, voilà ce qui l'attend si le kwassa ne chavire pas.
Qu'importe, il rigole et change de sujet...Que pouvons-nous y comprendre ?
Le lendemain, nous nous envolons pour Mayotte plus perplexes que jamais.
Ça fonctionne comme ça.

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publié par Sev et François - dans Comores
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 07:47
... Le renard volant.

En général, la visite des roussettes de Livingston est au programme du village de Ouallah. Mais depuis quelques mois, une colonie d'une dizaine d'individus s'est installée sur les hauteurs de Nioumachoua.
Ce sont elles que nous allons voir aujourd'hui. En partant du village, il faut compter environ deux heures de marche.
En chemin, on traverse des forêts de girofliers à l'odeur si particulière
,

on surprend même un cultivateur sur son âne (et oui, il y a de jolis ânes à Mohéli qui servent à transporter notament les régimes de bananes. On en trouvait avant à Mayotte, mais ils ont été remplacés par les scooters ! ).

Arrivés près du point d'observation, on fait une halte déjeuner, histoire de prendre des forces pour l'ascension finale. Au menu mabawa et manioc grillés au feu de bois, un régal !

Puis le moment est venu de rejoindre nos amies. Elles se trouvent quelques mètres plus haut, suspendues aux branches d'un arbre.

Les roussettes de Livingston (Pteropus Livinstonii ou N'dema en shimaoré) constituent une espèce très rare ( la plus rare des chauves-souris) et protégée. Elle est en danger critique d'extinction.
Endémiques aux îles des Comores, on en trouve surtout à Anjouan et à Mohéli, peut-être à Mayotte (mais pas à ma connaissance). Il en resterait approximativement 900 individus !

Mesurant 30 centimètres pour une envergure pouvant aller jusqu'à 1 mètre 50, ces roussettes, souvent appelées "renard volant" sont gigantesques.
Nous n'avons pas eu l'occasion de les voir évoluer en plein ciel, mais le spectacle doit être impressionnant !
Nocturnes et frugivores, elles vivent dans les montagnes, entre 850 et 1 100 mètres d'altitude.
Regardez comme celle-ci est bien enveloppée dans ses ailes. Elle rappelle légèrement le "Dracula" de Coppola, non ?

D'après la légende,  la roussette descendrait d'un maki roux trop fainéant pour grimper aux arbres cueillir les fruits les plus hauts. Assis patiemment au pied d'un badamier, il attendait que lesdits fruits tombent d'eux-mêmes.
Un djinn passant par là attira son attention. Il le héla de manière peu flatteuse, ce qui évidemment déplut au djinn, habitué à plus de cérémonie.
Le lémurien lui narra sa mésaventure, en se plaignant de maux de dos, d'ampoules aux mains et aux pieds, de rhumatismes, et même d'être sensible au vertige. Il en vint ainsi à regretter de ne pas être un oiseau, car lui au moins, il peut aller où il veut sans problème et sans effort. Il y avait là une grande injustice qu'il fallait réparer.
Il en fit tellement que le djinn, excédé, accéda à sa requête. Il le transforma en un animal étrange, mi-maki, mi oiseau : une chauve-souris.
La roussette était née.

Et en y regardant de plus près, c'est vrai qu'ils ont la même tête. Après, ce ne sont que des racontars tropicaux.
On est resté une bonne demi-heure à les observer, espérant les voir s'envoler, mais non. Au lieu de ça, on s'est fait sauvagement attaquer par les moustiques bien-sûr, mais surtout par des espèces de vers sangsues particulièrement déterminés. Même à travers le tissu, la sensation de piqûre était relativement désagréable, et on en avait partout. Comme vous pouvez le voir sur la photo, c'est un tout petit ver avec une énorme ventouse à l'une des ses extrémités, qui se déplace comme une chenille.

De retour au "campement", on a eu droit à une leçon de choses, agrémentée de quelques pensées politiques.
Mais on ne sait toujours pas pourquoi cette roussette s'appelle la roussette de Livingston. D'après nos chers guides, c'est Livingston lui-même qui aurait ramené cette roussette d'Angleterre, par bateau, car elle lui rappelait son pays natal.
Racontars ou réalité ?

Quoiqu'il en soit, après cette journée bien remplie, nous avons profité d'un magnifique couher de soleil sur la plage de Nioumachoua.

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publié par Sev et François - dans Comores
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 05:35
... Nioumachoua en effervescence.

Le Tam-Tam boeuf est une sorte de jeu populaire typiquement mohélien qui ressemble, sous certains aspects, aux courses landaises.
En général, cette fête traditionnelle vient couronner un mariage, célébrer un retour au pays, une naissance, ... Bref n'importe quelle occasion. Et selon, son importance, le boeuf est mis à mort ou non (si c'est un grand mariage, le zébu sera tué et servi à la noce).
Pour concocter un bon Tam-Tam boeuf, il faut d'abord un tam-tam (ou djembé, tambour), puis un boeuf (voire un zébu, exceptionnellement un taureau), et enfin des participants et un public enthousiastes.
Commençons par le tam-tam, accompagné d'autres instruments : synthé, batterie, guitare, ... C'est en fait tout un groupe !
Les musiciens s'accordent, répètent les dernières notes pour la plus grande joie des enfants qui n'attendaient que cela pour danser, chanter, et rire. Qu'ils en profitent, plus tard ils seront chassés de l'arène à coups de baguettes symboliques.


Le boeuf, qui pour l'occasion a revêtu sa bosse de zébu, vient d'arriver. Il est très vite et prudemment attaché (très court) à la barrière qui protège l'orchestre et les spectateurs, juste devant les enceintes.


Une partie de Nioumachoua a été bloquée pour la fête, en l'honneur du retour au village pour les vacances d'une famille vivant en métropole (si je me souviens bien). La course se fera dans un quartier sécurisé et isolé par des clôtures en bambou.
Les participants (que des hommes) se mettent en ligne de chaque côté de la ruelle, concentrés et attentifs, à part notre hôte qui sourit aux blagues de Philippe.
L'orchestre commence à jouer une musique lancinante, limite envoûtante,

qui a pour but d'exciter le zébu, et de plonger les danseurs dans une sorte de transe.
Pour bien vous mettre dans l'ambiance, en voici un petit aperçu.

Deux dames en tailleur distribuent des écharpes ou des lambs qu'elles passent autour du cou des futurs "gladiateurs". Elles seront les maîtresses de cérémonie et ne danseront pas en ligne comme les hommes.
Cette danse d'ailleurs n'en finit pas, et l'on a tendance à se laisser hypnotiser par l'obsédante et répétitive mélodie. On en oublie presque le taureau, ses cornes, et sa soif d'en découdre
.

De temps en temps, des hommes sortent des rangs et vont affronter le zébu droit dans les yeux, en s'approchant le plus près possible de lui, à portée de souffle, histoire de l'énerver un peu plus en lui caressant les naseaux à coups d'écharpe.
Moi je trouve qu'il est déjà pas mal sur le nerf l'animal, pas le peine de le titiller davantage, sinon ça va être un massacre, un vrai jeu de quilles avec mises en orbite et compagnie.
Voyez le visage très pâle, là ! N'est-il pas inquiet ? Et pour cause.

Tous les danseurs doivent aller saluer le bestiau, et notre tour approche. Si Philippe ne laisse rien paraître,

et si notre protecteur affiche un sourire goguenard, pour ma part, j'ai très vite repris mes esprits et du coup, je fais moins le fier (j'ai déjà repéré tous les coins où je pourrais me percher, au cas où).

Les derniers danseurs s'éloignent de la barrière, la musique ralentit, on chasse les derniers enfants qui veulent faire comme les grands, et ...


des âmes peu charitables détachent le zébu.  Là, c'est le "sauve-qui-peut" général, on  court dans tous les sens, afin d'éviter cet autobus qui fonce sur nous. Certains courageux font face au taureau et l'évitent de justesse en réalisant mille acrobaties, d'autres encore le hèlent pour l'attirer à eux
, sous les rires et les cris d'un public déchaîné.
En tant qu'étrangers, nous (Philippe et moi) sommes étroitement surveillés et protégés, hors de question de faire mumuse avec le paquet de nerfs. Il serait regrettable que l'on soit blessé. Mille yeux veillent à notre sécurité.
Les enfants chassés, quant à eux,  assistent au spectacle sans sourire. Leur tour viendra bien assez tôt ! (Ils n'avaient qu'à me laisser une petite place sur les toits !)

La course durera presque une heure, entre frayeur et soulagement, crispation et hilarité générale.
Ensuite on rattache l'animal à la barrière, les hommes reforment les rangs pour danser, et c'est reparti pour un tour.
A la fin, le zébu ne sera ni blessé, ni mis à mort. C'est un bien précieux et cher, l'événement n'était pas assez important pour exiger son sacrifice.
Quoiqu'il en soit, ce fut un honneur pour nous de participer à cette grande fête traditionnelle et populaire, que l'on peut retrouver aussi à Mayotte.
On ne le répétera jamais assez, les Mohéliens sont accueillants, prévenants, et extrêmement bien informés quant à leur avenir social, économique, et politique. Gentillesse ne veut pas forcément dire naïveté.


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publié par Sev et François - dans Comores
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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 05:26
... présentation d'un village entre nature et politique.

Situé sur la côte ouest face aux îlots du Sud (voir carte), Nioumachoua est le deuxième plus grand et plus important village de Mohéli, derrière Fomboni.
C'est après 1 heure de barque, en provenance d'Itsamia, que nous foulons le sable blanc de la plage de Nioumachoua.
En chemin, on a pu apercevoir la carcasse du bateau de Bob Dénard (selon les dires locaux). Surnommé "Le corsaire de la République " par lui-même, et "Le Diable " par l'ensemble des Comoriens, tant ses actes furent cruels et impunis, Bob Dénard est à jamais rattaché à la mémoire sanglante des Comores. Mais ça, c'est une autre histoire !

La plage de Nioumachoua, donc !
Une eau claire aux couleurs magiques, un sable fin, une vue imprenable sur les îlots, bref un lieu paradisiaque où le temps semble avoir posé ses valises enfin d'en profiter un peu, lui aussi.

Ca tombe bien, l'ASDN (l'Association pour le développement socio-culturel de Nioumachoua) possède trois bungalows sur cette plage, et c'est là qu'elle loge ses "invités". Ah, on sent déjà le repos bien mérité, les longues siestes, le farniente, la détente...
Mais avant, un petit tour du village s'impose, histoire de faire les présentations.
Nioumachoua est très grand, très étendu, et ressemble presque à une ville. C'est là qu'a été inauguré, en 2002, le Parc Marin de Mohéli, et ses habitants en sont très fiers.
On arpente donc des rues à l'architecture et au style
très disparates. On passe de maisons en béton surmontées d'extensions peu probables,
aux vieilles habitations en pierres, pour déboucher au détour d'une ruelle, sur de magnifiques bangas avec jardin et vestibule.

Les enfants sont partout. Ils nous  suivent  en faisant les clowns, juste pour la photo, devant des clous de girofle en phase séchage.
On prend de la hauteur, on se "perd " dans le quartier anjouanais d'où l'on a une vue d'ensemble exceptionnelle.

Mais il est temps de revenir aux bungalows, l'heure de la sieste approche. Nous sommes  accueillis par un sourire et des tentacules. Dormir ou manger, tel est le dilemme !

Ce soir, on doit assister à un tam-tam boeuf, alors mieux vaut prendre des forces !

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 17:35
... sur les plages de Mohéli.

Nous sommes toujours dans le village d'Itsamia à Mohéli, le lieu pour observer les pontes de tortues marines vertes, et d'éventuelles émergences (éclosions d'oeufs).
L'observation des pontes se fait la nuit, en compagnie d'un éco-garde.
Réveil donc à 3 heures du matin, et départ vers les plages d'Itsamia, frontales ... au front.
Sur les conseils de l'éco-garde, nous éteignons nos lampes afin de ne pas gêner, ni désorienter les futures pondeuses. On se balade alors sur la plage, tranquillement, et on tend l'oreille, car c'est le bruit que fait la tortue en chassant le sable pour creuser son trou qui va nous guider jusqu'à elle.
Et ça ne rate pas, au bout de quelques minutes, nous découvrons notre première travailleuse.

Celle-ci ne pondra pas d'oeuf. Il n'est pas rare que les tortues creusent plusieurs trous avant de se décider à pondre, juste histoire de
leurrer les prédateurs.
On la laisse donc tromper son monde, et nous poursuivons notre expédition sur les 4 plages d'Itsamia. On verra par la suite encore une tortue en plein de travail et ce sera la seule. Mais pas de photo, le spectacle était tellement magnifique que nous avons, un instant, oublié notre paparazimanie touristique.
Le jour pointe son nez tout doucement, on retourne vers le village sous un magnifique lever de soleil.


C'est le rêve, pour un peu on se croirait seul au monde.

Près des premières maisons, l'éco-garde nous appelle. Quelque chose de petit et de noir se dandine vers la mer.

Des tortillons ! (Oui je sais, certains puristes préfèrent le terme de bébé tortue, mais franchement quand vous les voyez se tortiller dans le sable, tortue-tortillon, c'est quand-même plus approprié et plus joli ! Je vais d'ailleurs proposer ce mot à l'académie française.)
C'est un parcours difficile et semé d'embûches qui les attend.  Le sable colle aux pattes et aux yeux, les crabes guettent, et les corbeaux ne sont pas loin. Mais quelle vaillance !

La plage est remplie de leurs traces zigzagantes, il y en a des dizaines.

Apparemment, les tortillons se dirigent vers la source de lumière produite par le reflet du soleil dans l'eau. Ces émergences ont lieu généralement le matin, quand la température est propice.
Sur cette photo, on voit bien que le tortillon  fonce vers le côté le plus clair, non ?

Une dernière pause avant de connaître les joies de la première baignade, et du premier surf. On attend que le dernier, le plus déboussolé tant il a zigzagué, disparaisse dans les flots, et l'on rentre déjeuner, tout flapi, mais heureux de cette belle promenade.


Le lendemain, en quittant Itsamia en barque, nous assisterons, en compagnie de deux dauphins curieux (les deux ailerons là), à un accouplement de tortues.

Les dauphins n'étaient d'ailleurs pas les seuls à se rincer l'oeil. Des tortues mâles attendaient leur tour,

et la pauvre femelle (que l'on ne voit pas) n'en n'avait pas fini de se faire mordre le cou.

La boucle est bouclée. Nous avons assisté aux trois étapes de la vie d'une tortue : accouplement, ponte, et naissance.
Il faut quand-même saluer le travail remarquable des éco-gardes d'Itsamia qui réalisent des efforts considérables afin de préserver et de sauver ces tortues marines vertes. Leurs vies sont souvent mises en danger par des braconniers qui sont prêts à tout (tant le commerce est rentable, et la capture facile) pour ramener un maximum de viande de tortue, très appréciée dans d'autres îles.
Je vous renvoie vers un article de Séverine, qui parle justement de l'agression sauvage de Daan Ouni Msoili, un éco-garde d'Itsamia, par des braconniers.
Bonne lecture.

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 16:45
... une île presque vierge et préservée.

Pas tout à fait remis de notre ascension du Karthala, et après une courte nuit, nous atterrissons à Mohéli (Mwali), la plus petite (290 km2) et la moins peuplée (35 000 habitants) des quatre îles. Sa capitale est Fomboni, près de l'aéroport.

Quand on atterrit à Mohéli, on a l'impression d'arriver sur un village, tant les habitations qui bordent la piste sont proches.

LN, bravant ses courbatures, a quand-même du mal pour descendre de l'avion. Heureusement que les deux hommes en orange veillent au grain !

La douane passée, et le petit cachet "Kejesépascekesé " contre le paludisme avalé sous l'oeil intransigeant de la douanière qui n'a que faire de notre scepticisme,  nous  nous dirigeons vers la "Maison de l'écotourisme", à gauche en sortant de l'aéroport.  Là, des écogardes s'occupent de notre court séjour en nous proposant diverses  visites et divers lieux de résidence. Ils s'occupent de téléphoner aux différents villages pour savoir s'il reste de la place. Leur rôle est très important et simplifie grandement les choses, car à Mohéli, tout est vite plein !
En créant un parc marin en 2002, les Mohéliens ont choisi la voie de l'écotourisme, afin de préserver au mieux la beauté et la nature de leur île. Ce parc marin regroupe 10 villages qui se sont montés en association. Des écogardes ont été formés et veillent au respect de la législation.

Notre première destination sera  le village d'Itsamia, à la pointe sud de l'île (Compter 1 heure de route).

Outre la protection des récifs coralliens et autre, l'association ADSEI (Association pour le Développement Socio-Economique d'Itsamia) luttre pour la sauvergarde des tortues marines vertes.
Les écogardes proposent d'ailleurs l'observation de pontes de tortues, d'éclosions, ... (Plus en détail dans les prochains articles). Ils travaillent en collaboration avec Kélonia,  l'observatoire des tortues à La Réunion.
Le village d'Itsamia est un village agréable et tranquille. Là aussi, le foot est roi, et les enfants ne s'en privent pas.
L'association  met deux bungalows face à la mer à  la disposition des touristes, repas compris. L'argent gagné est redistribué aux travailleurs et à leur famille, c'est le principe du développement durable.
Par manque de place, nous avons logé dans une magnifique maison au milieu du village. Mais avant de profiter de la plage et des tortues, il faut faire le plein d'eau, donc direction le puit, sous le regard étonné et amusé des hommes.

Oui parce que dans les Comores, les tâches dures sont destinées aux femmes. Les hommes, eux, s'occupent de politique et de diverses choses qui nécessitent la position assise.
Mais bon ça, c'est une autre histoire. Porter un seau d'eau de 15 litres sur la tête n'est pas donné à tout le monde.

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 05:00
... à la découverte des îles de l'archipel des Comores (2).

Dès notre arrivée à Moroni, nous rencontrons Chauffeur, Le Guide du Karthala, le plus renommé et le plus sûr.
Autour de quelques bières et paroles rafraîchissantes et rassurantes, nous prenons rendez-vous pour le lendemain matin 4H30. Par manque de temps, l'aller-retour se fera dans la journée.
Le Karthala est un jeune volcan bouclier qui culmine à 2 361 mètres. Il occupe les  deux tiers de la Grande-Comore, avec ses 30 kilomètres de long et ses 15 kilomètres de large.
Encore endormis et pas vraiment reposés, nous commençons son ascension au départ du village de Mvouni, à 390 m d'altitude. Ce qui fait, après un bref calcul et une vérification plus longue, presque 2 000 mètres de dénivelé ! Il est 4H45, et là, on rigole moins.
Dans le noir, seulement éclairés par nos frontales, nous nous enfonçons d'abord dans une forêt de basse altitude,

encore toute imprégnée de rosée.

Puis trempés, nous sommes avalés par une jungle luxuriante et dense,

la forêt primaire du Karthala.
                                                   On aperçoit chauffeur avec sa casquette blanche.

Après 3 heures de marche, nous sortons enfin de cette jungle. Nous sommes à mi-parcours. On a grimpé dur sur d'anciennes coulées de lave, et là le paysage change. Ce sont les alpages ! Une végétation de haute altitude, relativement rase, avec des zébus qui broutent.


Pendant à peu près une heure, le terrain est relativement plat. On en profite pour récupérer avant d'attaquer les deux dernières heures de montée.
Oui je sais, je traîne, on m'attend,...j'en peux plus, mais bon qui porte le gros sac? Hein ?

On a l'impression de ne jamais arriver, mais il y a des signes qui ne trompent pas sur la proximité du cratère, comme cette magnifique forêt pétrifiée par la dernière éruption en 2007. Là, c'est magique, on se croit dans un paysage de conte.

Le sommet de la caldeira approche, le terrain est sec, la végétation de fait rare, et au détour d'un virage,  ça y est ! Nous arrivons, l'ascension est finie ! Il ne nous reste qu'à descendre de la caldeira pour aller voir le  plus grand cratère du monde.

Nous marchons carrément sur la lune, on aperçoit des cendres à perte de vue. C'est magnifique. Tout est gris, vallonné, avec ça et là quelques dômes et fumerolles. Et oui, ce volcan est toujours en activité.

C'est un désert à 2 361 mètres d'altitude.

Après ces quelques pas et sauts dans les cendres, nous atteignons le bord du Choungou Chahalé, la plus grande des caldeiras avec ses 1 300 de long sur 800 mètres de large. Le cratère du Karthala, quant à lui, fait 4 km de long sur 3 de large.
Il y 10H35, notre ascension jusqu'à ce point a duré 6 heures.

Comme l'explique Chauffeur, avant, au fond du Choungou Chahalé, il y avait un lac. Mais lors de la dernière éruption en 2007, il a disparu.

Avec ses 200 mètres de profondeur ( 400 avant la dernière éruption), le gouffre reste impressionnant.
 

 Beaucoup de légendes courent sur ce cratère : un djinn aurait volé la bague du prophète et l'aurait jetée au sommet du Karthala, ouvrant ainsi le cratère ; un sultan aurait fait la même chose avec sa bague de fiançailles; d'autres pensent que c'est le trône de la reine de  Saba que des djinns  jetèrent dans le cratère...
Des croyances qui font que pour beaucoup de personnes, l'endroit n'est tout simplement pas fréquentable, moi, c'est plutôt son activité qui le rend peu sympathique.

Le volcanisme du Karthala est sensiblement comparable à celui du Piton de la Fournaise à la Réunion, à part que ce dernier est étroitement surveillé. Il rentre en éruption à peu près tous les dix à quinze ans. Il s'est manifesté en 2005, 2007, ... et des coulées de lave peuvent surgir aussi en basse altitude.

On fait une photo souvenir et on reprend des forces pour la descente. Il faut arriver avant la nuit.

La descente s'avère longue et difficile, surtout la partie dans la jungle où les moustiques se régalent. La roche est glissante, et la pente raide.
Au bout de 5 heures d'orteils crispés et de voûtes plantaires traumatisées, nous regagnons enfin le village de Mvouni. Il est 16H45.
L'ascension du Karthala n'est pas plus difficile que celle du Piton de la Fournaise, mais elles est beaucoup plus longue, il n'y a pas de route. La faire en un jour, s'est révélé être un véritable défi pour nous. On sera parti 12 heures, dont un peu plus de 10H30 de marche.
En général, l'ascension s'effectue en deux jours, avec une nuit au cratère. Ce qui est beaucoup moins fatiguant, et sans doute plus sympa.
Pas peu fiers, on a bu la bière de la victoire avec Chauffeur qui, sans aucune compassion pour nos chairs meurtries, nous a donné le coup de grâce: il remet ça demain avec d'autres touristes, et les jours suivants... Pour nous c'était un défi, pour lui, c'est son travail. Et quand le client est là, il faut y aller. Il n'a pas le choix, les touristes ne sont pas nombreux en Grande-Comore. Alors si il doit monter tous les jours pendant deux semaines, il montera tous les jours pendant deux semaines.
Du coup, on ravale nos plaintes en gardant le souvenir d'un paysage majestueux
(peut-être que Chauffeur le contemple à l'heure où je termine cet article), et d'une journée, comme dirait Séverine, magnifique.




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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 15:05
... La Grande-Comore (Ngazidja).

Afin de mieux cerner certains aspects de la vie mahoraise, nous sommes partis en Grande-Comore et à Mohéli, les îles soeurs de Mayotte.
Direction donc l'archipel des Comores, Mayotte étant l'île la plus vieille et la plus proche de Madagascar; Grande-Comore, la plus jeune et la plus proche du Mozambique.
Notre première étape nous amène à Moroni (capitale de la Grande-Comore) pour deux jours.
Sur la route, très accidentée (elle date de 1975),  qui va de l'aéroport à Moroni (compter environ une demi-heure de trajet), le paysage nous frappe tellement il semble triste et froid. On traverse en fait d'anciennes coulées de lave, et les villages sont pour la plupart construits à partir de cette roche volcanique noire, omniprésente à cet endroit. Rien à voir pour l'instant avec les forêts luxuriantes de Mohéli ou de Mayotte.

Arrivés à Moroni, nos premières impressions ne changent pas (elles varieront évidemment par la suite...). La ville est triste et grise. Il y a certes de magnifiques mosquées, de belles maisons,

mais tout respire le déclin d'une ville qui a connu une période faste, et qui n'arrive pas à s'en sortir. Le port aux boutres n'est plus que l'ombre de lui-même,

l'épave du "Moroni" rappelle à chaque instant le souvenir d'une époque glorieuse et riche,

et les roussettes électrocutées, suspendues aux fils électriques,  ne présagent rien de bon.
On s'enfonce dans la médina, accrochée aux ruines des temps anciens,

comme le magnifique palais du sultan Said Ali.
Ce premier jour se termine avec, non pas en coup de coeur, mais plutôt avec un coup au coeur, un sentiment mitigé de tristesse et d'abandon. On s'attendait à une ville vivante, animée, et riche de cultures, ...
Ici le temps s'est arrêté, la décripitude et la lassitude se sont installées, on vit sur les souvenirs.

Heureusement, du point de vue "humain", c'est tout autre chose. Pendant ce premier jour, nous avons rencontré des Grands-Comoriens aimables, chaleureux, et disponibles, maîtrisant à la perfection (voire plus) la langue française, et désireux de nous montrer leur Grande-Comore, celle qu'ils vivent quotidiennement. Ca tombe bien, on est là pour découvrir et pour apprendre.


Cet article résume uniquement notre premier ressenti sur Moroni, et non sur la Grande-Comore. Il peut paraître très sombre, voire exagéré, mais cette île renferme des trésors et des splendeurs dont la découverte et la jouissance se méritent. Au fil des articles et des rencontres, notre vision évoluera.

Prochain article : l'ascension du Karthala, le volcan au cratère le plus grand du monde.

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