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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 05:00
... Découvrir la mangrove.

Pour clore en beauté cette série d'articles sur la mangrove de Mayotte, il ne reste plus qu'à présenter les différents  moyens d'exploration de cet écosystème plus que surprenant.
Certains organismes proposent de s'y rendre en bateau motorisé. Evidemment c'est bruyant, et vous perdez toute l'ambiance sonore. Vous ne pourrez pleinement  apprécier ce lieu qui se révèle être un véritable sanctuaire de la nature, bercé de sérénité et de mystère.
Le meilleur mode de locomotion reste, à nos yeux, le kayak monoplace. Il offre une totale liberté de mouvement,

et rien ne vous empêche de vous y rendre à plusieurs.

A marée haute, pour que la rivière que vous remontez soit praticable, la mangrove vous dévoile tous ses charmes. Laissez vous glisser au fil de l'eau, doucement, Dame Nature vous attire en son sein.

Vous entrez alors dans  un lieu intemporel, protégé des bruits de la civilisation, seul avec vous même, comme un retour aux sources.
Certains en profitent pour faire le point, composer une mélodie qui trotte dans la tête, ou simplement bronzer ;

d'autres pour se retrouver et apprécier quelques grammes de détente à l'abri du stress et de l'obligation de résultats.

Découvrir la mangrove et s'y perdre vous réconcilie un instant avec le reste de l'humanité. Vous respirez, vous relativisez, vous êtes libres. En des moments pareils, tous vos petits soucis vous apparaissent bien futiles.
On aimerait ne jamais en sortir.

La pirogue à balancier constitue un autre moyen, plus traditionnel, pour se balader au milieu des palétuviers. Mais attention, réservé aux experts, car son maniement s'avère très difficile. N'est pas pêcheur qui veut ! Si le kayak semble avancer tout seul, il n'en est pas de même pour la pirogue qui est très lourde et peu pratique. Elle nécessite des muscles en acier, et un savoir-faire pratiquement ancestral.

Enfin, pour ceux qui souhaitent explorer la mangrove en cette période, n'oubliez pas que les pluies viennent d'arriver. La saison humide s'est installée sur Mayotte, avec son lot de moiteur, chaleur, averses, et grosses fatigues.
Mais si jamais la pluie vous surprend sur le lagon,  vous trouverez toujours une plage sur laquelle accoster. Ensuite,  plongez dans l'eau pour vous réchauffer et attendez la fin de l'orage. Le spectacle vaut le coup d'oeil.


Voici un site à visiter Sous le vent
(non ce n'est pas la chanson de Céline Dion) si vous voulez tenter l'expérience. L'organisation est pro, et le patron relativement sympathique.
Voilà, la série des mangroves s'achève. On espère que vous avez eu autant de plaisir à la lire que nous à l'écrire.

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publié par Sev et François - dans La mangrove
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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 08:40
... Protection de la mangrove.

En théorie, la mangrove bénéficie d'une forte protection réglementaire :
- située sur le Domaine public maritime, elle est imprescriptible et inaliénable,
- soumise au régime forestier, le défrichement et la coupe d'arbres sont interdits,
- au sens de la loi du littoral, la mangrove constitue un espace remarquable (depuis le 1er janvier 2006)
- les projets qui ont un impact ou une influence sur la mangrove sont soumis à la loi de l'eau,
- la protection de la mangrove a été réaffirmée dans le PADD (Plan d'Aménégement et du Développement Durable).


Malgré cette réglementation, la mangrove est un écosystème qui souffre beaucoup de la présence de humaine à Mayotte (construction d'infrastructures, aménagement de routes, expansion de l'île comme la ZI de Kawéni ou le port de Longoni, poubellisation, ...)
Bien entendu, la mangrove disparaît aussi de manière naturelle (érosion, dégradation,...). Cette évolution cyclique est appelée "la respiration des mangrove". Comme tout milieu naturel, la mangrove connaît des phases de croissance et de décroissance, selon le climat, la qualité des eaux,... Elle meurt, puis renaît...
Mais voilà, Mayotte est une île dont la démographie ne cesse d'augmenter. Il faut construire, s'agrandir, se développer. Difficile de concilier Nature et Modernité.
L'état de certaines mangroves est donc plus qu'alarmant.


Les mangroves de bord de routes ou à proximité des villages, sont de véritables poubelles. On y trouve des tonnes de canettes, des frigos, des machines à laver, des carcasses de scooters ou de voitures, des sacs plastiques, des couches, des batteries usagées, des bouteilles en verre, des pneus, ...

Tout cela empoisonne petit à petit la mangrove, et à long terme le lagon, qui ne supportera pas longtemps un tel déversement de pollution. Heureusement des actions sont mises en place (comme l'Atlas des Mangroves, les campagnes de nettoyage et de sensibilisation, ...) pour préserver au mieux ce milieu unique et remarquable,

mais la route est longue et semée d'embûches. L'impact des différents rôles de la mangrove sur la vie économique et sociale de l'île n'est plus à démontré.
Comme le dit un proverbe amazonien : "C'est quand l'Homme aura détruit toutes les ressources naturelles, qu'il s'apercevra que l'argent ne se mange pas."

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4 octobre 2009 7 04 /10 /octobre /2009 09:10
... Son rôle.

La mangrove est un écosystème dont l'utilité touche à la fois le milieu marin et le milieu terrestre.
D'un point de vue physique, la mangrove de Mayotte constitue une vraie barrière, une zone tampon entre le lagon et la côte. Elle protège le lagon contre les agressions terrestres (coulées de boue lors des fortes pluies, enlisement, étouffement, ...). Elle a un rôle épurateur et fixateur, en filtrant les particules et en stabilisant le sable et la vase, permettant ainsi au lagon de garder une eau claire et pure, et donc aux coraux et autres animaux ou végétaux de respirer normalement.
Réciproquement, elle protège le littoral des fortes houles cycloniques et des tsunamis.



D'un point de vue écologique, la mangrove constitue aussi un habitat privilégié pour la faune  et la flore sauvage ( voir articles précédents). C'est un lieu de refuge, de reproduction, de nourricerie, pour de nombreux organismes peuplant le lagon (poissons, oiseaux, végétaux, crustacés, reptiles, mammifères,...). Bref, une véritable pouponnière, car l'eau saumâtre de la mangrove est riche en phytoplancton et en sédiments, substances nutritives sans cesse renouvelées.

Elle permet aussi de fixer certains polluants.
Enfin, si l'on s'attache au côté humain, la mangrove peut avoir un impact économique important pour l'île (gestion et exploitation des ressources, ouverture au tourisme vert, ...).
Mais pour Mayotte l'impact de la mangrove est simple:
        Pas de mangrove = Pas de lagon = Pas de vie

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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 14:49
... La faune.

Au milieu de tous ces palétuviers, dans cette eau saumâtre riche, vit une faune terrestre et marine abondante.

Du fait du rôle "nurserie" de la mangrove, la faune marine est surtout constituée d'alevins, de poissons au stade juvénile, de mollusques, de crevettes, de crabes (comme le crabe violoniste, ou ce crabe de palétuvier).

Parmi les poissons, on croise souvent sur les berges, le Périophtalme, avec ses gros yeux globuleux, qui déguerpit par petits bonds dès qu'il vous voit de trop près !

Autre animal marin, le Dugong, proche cousin du lamantin. Pas de photo, car nous n'avons pas encore eu la chance de l'apercevoir, mais un son, celui de sa respiration. Il faut tendre l'oreille pour entendre le souffle produits par ses narines quand il remonte respirer à la surface...

Cette rencontre est assez étonnante dans une des mangroves de Mayotte, mais il semblerait effectivement qu'un Dugong se plaise à sillonner ces eaux troubles et calmes.

La faune terrestre, ou
tre les innombrables moustiques, araignées, et insectes, se compose essentiellement d'oiseaux. C'est en tout cas eux que l'on entend le plus dans cet univers de "presque silence" absolu.


Les sternes sont les premières que l'on aperçoit quand on rentre dans la mangrove. Puis viennent les tourterelles vineuses (choucourou), les moucherolles,

le Courlis Corlieu (M'Tsunga magi),


le héron cendré (Congomo), le héron vert,  le chevalier Guignette, le pluvier argenté, et le fameux et très coloré Martin Pêcheur ...
Tous représentés sur cette illustration provenant de la DAF (Direction de l'Agriculture et de la Forêt).                                                                                          Cliquer pour agrandir

A l'occasion, on peut aussi croiser des reptiles, et des rats, ... mais aussi les Djinns protecteurs de la mangrove : les esprits Moina Issa.
Mais ça, c'est une autre histoire ...

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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 16:15
... La flore (2) : le palétuvier blanc et le manglier fleur.

On suit le cours de la rivière vers la mer. Et au fil de l'eau, on rencontre le Palétuvier Blanc, nom dû à la couleur claire de son  tronc.
Le palétuvier blanc (Avicennia marina) ou M'honko M'troumama (la femelle) en Shimahorais, se présente sour forme de boule et ressemble à un olivier. Il aime les eaux saumâtres et chaudes de la mangrove. Il possède deux types de racines : de grandes racines horizontales et souterraines qui vont le maintenir sur un sol instable;

et des racines aériennes plus petites, les fameuses pneumatophores, racines sortant de la vase et faisant office de tuba (que l'on peut voir au premier plan).
Du point de vue utilisation, on s'en sert surtout pour la construction des bangas.
A noter que le palétuvier blanc possède aussi des glandes particulières lui permettant d'évacuer le trop plein de sel.

Voici maintenant la dernière espèce de palétuvier (parmi les 4 plus importantes sur les  7 existantes à Mayotte), celle qui a presque tout le temps les pieds dans l'eau, la plus proche du rivage, et donc la plus et la mieux adaptée à un immersion longue en eau salée : Le Manglier Fleur.
Mouhoko en Shimaoré, le manglier fleur (Sonneratia alba SM) est un arbre imposant. Il peut atteindre 15 mètres de hauteur et 35 mètres de circonférence au niveau de son houppier. Son réseau racinaire étoilé peut s'étendre jusqu'à 50 mètres du tronc.
Ses pneumatophores sont plus gros que ceux du palétuvier blanc, et ils sont légèrement coniques.

Ses feuilles sont obovales et crassulescentes.
source DAF

Son bois sert à la construction de clôtures, il est résistant aux xylophages. D'ailleurs le jus extrait de son écorce pilée, est utilisé comme insecticide. Il sert notamment à protéger les pirogues.
Cette même écorce pilée donne aussi une teinture violette. Les fleurs sont comestibles, les chauves-souris, certains oiseaux et papillons s'en régalent.
Les enfants peuvent s'amuser avec son fruit qui ressemble à une toupie.
Il y a un beau spécimen de manglier fleur près de la cascade de Soulou.

Voilà pour les 4 principaux palétuviers existants à Mayotte. Ces arbres étonnants qui ont su s'adapter à des conditions de vie extrêmes.
On en rencontre d'autres, moins présents, comme le Palétuvier Campagne.

En résumé, ce schéma explique bien la zonation théorique d'une mangrove mahoraise.
Source : DAF DR

La Tanne est une zone d'arrière-mangrove où pratiquement rien ne pousse car la concentration en sel des sols est très forte.
La tanne de la mangrove de Dapani, avec le Mont Choungi en arrière-plan, est particulièrement belle.
Prochain rendez-vous avec la mangrove : la faune.

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 05:32
... La flore (1) : le manglier pomme et le palétuvier rouge.

On poursuit notre voyage au coeur de la mangrove, avec les arbres et les buissons qui la constituent et que l'on regroupe généralement sous le terme de Palétuviers.
Ces arbres, qui ont les pieds dans l'eau, ont su s'adapter à des conditions extrêmes (variation de la salinité de l'eau, alternance des hauteurs d'eau, sols instables et asphyxiés) en déployant des astuces originales et efficaces.
Leurs racines se sont modifiées pour effectuer les échanges gazeux à l'air libre, et tous les palétuviers ont développé un système de régulation et d'élimination de la salinité.

A Mayotte, on compte 4 familles de palétuviers, les plus répandues sur l'île.
Du rivage à la mer, en descendant la rivière, on trouve :

1- Le manglier pomme (Xylocarpus granatum Koening) appelé M'Godzo en Mahorais, à cause de la taille et de la forme de ses fruits (Godzo signifie "testicules de zébu").
Il pousse dans la zone de balancement des marées, c'est-à-dire entre la mangrove et l'arrière-mangrove. Il fleurit après la saison des pluies, donc en ce moment.
Le manglier pomme est utilisé pour la construction des bangas et des balanciers de pirogues. C'est un bois dur et résistant.
Son fruit, lorsqu'il s'ouvre, est constitué d'une dizaine de graines imbriquées les unes dans les autres.
On l'appelle le "casse-tête mahorais". Essayer de reconstituer la forme originale du fruit en emboîtant les différentes formes des graines, à la manière d'un Tétris en 3 dimensions, est un véritable défi !
Enfin, le manglier pomme a une utilité en médecine. Les graines, réduites en poudre, sont utilisées en emplâtre ou en dilution buvable contre les maux de ventre. Il y a aussi une histoire avec l'écorce servie en infusion, concernant les cas de cryptorchidie (à vérifier...)

2- Le palétuvier rouge (Rhizophora mucronata), appelé M'honko M'troubaba (le mâle) en Mahorais. Il pousse dans la mangrove, et est le plus répandu des palétuviers. C'est aussi le roi de l'adaptation,
avec ses racines aériennes, ou racines-échasses,

qui lui permettent d'effectuer les échanges gazeux, et de se développer sur des sols instables, où elles vont retenir les dépôts aluvionnaires et limiter ainsi l'envasement du lagon.
Le palétuvier rouge est aussi équipé d'un autre type de racines, les pneumatophores, racines qui sortent de la vase pour "capter l'air " (comme un tuba, au premier plan).


Ses fruits sont petits, marrons, et en forme de poire. Ils germent rapidement sur l'arbre en formant une plantule verte qui, en tombant, va soit s'enfoncer dans la vase (à marée basse), soit flottée verticalement dans l'eau (à marrée haute), et coloniser ainsi un autre terrain favorable. Ce qui explique le fait que le palétuvier rouge soit si répandu.

On s'en sert uniquement comme bois de chauffage.
                                             feuille de palétuvier rouge

Prochain rendez-vous avec la flore de la mangrove : le palétuvier blanc et le manglier fleur.

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 15:43
... quelques chiffres.

Premier article d'une longue série, sur un lieu magique, féerique, étrange, et parfois inquiétant.
Repère des djinns pour les uns, endroit sale voire dégoûtant pour quelques ignorants,  sanctuaire d'une beauté et d'une tranquillité reposantes pour beaucoup,
la mangrove de Mayotte a un petit côté mystérieux et enchanteur.
On s'échappe, on est hors du temps, seul avec la Nature.

La mangrove est un écosystème qui se développe dans les zones intertidales (zones comprises entre les plus basses mers connues et les plus hautes mers connues) des régions tropicales et sub-tropicales.
A Mayotte, la mangrove (tannes et arrière-mangrove)  s'étend sur 720 hectares répartis sur presque 120 sites (en noir sur la carte).
On trouve, à Mayotte, deux sortes de mangroves. Les mangroves d'estuaire ou de fond de baie (les plus répandues : Hajangua, Tsingoni, Dembéni, Kawéni, Chirongui,...) dans lesquelles débouchent une ou plusieurs rivières ;
et les mangroves littorales, qui suivent parallèlement le front de mer (Passamainty).
La plus petite mangrove de Mayotte (moins d'un hectare) se trouve sur Petite-Terre, au fond de la baie de Moya (deuxième plage de Moya). La plus grande étant celle qui occupe la baie de Bouéni sur Grande-Terre.
Le voyage continue au prochain article avec la faune et la flore.

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